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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 10:43
Elles s'appelaient Gérldine et Katia...
Il se prénommait Jean Pierre...
Suite à une enquête sans doute trop vite achevée et une instruction qui a bien tenté d'élargir un peu le champ des possibles, Jean Pierre fut renvoyé devant la Cour d'assises, accusé d'avoir mis fin aux jours de Géraldine et Katia mais il restait présumé innocent et il le restera à tout jamais...

En effet, Jean Pierre a choisi de s'en aller...
Laissons de côté pour le moment les interprétations de celles et ceux qui veulent donner à un sens à un geste alors que le seul qui peut l'expliquer a décidé de se taire...

Constatons encore et toujours les conséquences malheureuses que provoque le discours de ces adeptes de la théorie du procès à but curatif..., de ceux qui racontent (et qui finissent malheureusement par être entendu) que chaque victime a droit à son procès notamment pour pouvoir faire son deuil...

Le droit pénal est consacré à la protection de l'intérêt général, il vise à sanctionner des comportements que l'Etat considère comme contraire à la société.
Le procès pénal n'est pas celui de la victime, contrairement à ce que voudraient nous laisser croire certaines personnes.

Le ministère public, représentant de la société, poursuit une personne, également membre de la société, en raison des actes qu'elle a commis...
Ces actes peuvent avoir fait des victimes...ou pas.
Les victimes peuvent demander réparation de leur préjudice en se constituant partie civile... ou pas

La peine, s'il y en a une, est prononcée au nom de la société et pas pour défendre les intérêts de telle ou telle victime.

[...]

Certains n'aiment pas cette vision des choses.
Certains veulent laisser croire que la victime a toute sa place dans le procès ; peut être même plus que le ministère public et l'accusé.
Ils affirment de plus en plus haut et de plus en plus fort que chaque victime doit avoir le droit à son procès notamment pour pouvoir commencer à "faire son deuil"
On s'achemine plus vers une idée de vengeance que de justice.
Ils laissent fleurir un grand espoir là où il n'y a que de l'incertitude.


Le deuil est un procesus psychologique qui n'est pas lié au procès.
Certains ont effectivement besoin du procès pour pouvoir commencer à essayer de faire leur deuil mais d'autres s'en passent, ne veulent parfois même pas en entendre parler ; celui ci risquant en fait de faire plus de mal que de bien en réveillant des images que l'on essayait d'oublier. D'autres ne pourront jamais faire leur deuil même avec un procès, une reconnaissance des faits par l'auteur et une condamnation.


On vend le procès avec des vertus curatives, comme une étape dans une thérapie.
Et pourtant qui peut affirmer que le présumé innocent deviendra forcément le coupable ???
Qui peut raisonnablement prévoir l'issue d'un procès ???
Et surtout qui peut prévoir que le procès aura lieu ???

Les enquêtes ne sont pas toujours celles de Navarro ou Julie Lescaut, ce n'est pas à chaque fois le bon gentil qui gagne contre le vilain méchant.
Parfois, l'enquête ne donne rien... Aucun suspect crédible à l'horizon.

Et, lorsqu'il y a une instruction, elle n'aboutit pas forcément à la découverte de la vérité, elle n'entraîne pas toujours un jugement.

La route vers le procès peut aussi être entravée par des obstacles de droit ; pensons notamment à la prescription de l'action publique ; ou des obstacles de fait comme le décès de la personne poursuivie.


Le message devient même dangereux lorsqu'il est récupéré par le monde politique qui vote des lois allant dans ce sens ; les textes donnant une place de plus en plus importante aux victimes tout au long de la procédure pénale ou l'envie d'organiser des pseudo "procès pour les fous" n'en sont que de tristes illustrations.


Un dernier mot à destination de beaucoup de monde :

- Jean Pierre Treiber reste présumé innocent et surtout pas comme on l'entend trop souvent "l'assassin présumé...
- le suicide n'est en rien un aveu ou une ultime provocation

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commentaires

T-H-A 22/02/2010 23:11


J'avais pensé en dire quelques mots sur ce thème, mais je prends les tiens à mon compte, tu as parfaitement résumé les enjeux.


l'auteur 22/02/2010 23:17


je te remercie pour ton commentaire