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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 05:30

Je me permets de reproduire ici l'édito prononcé le vendredi 17 dcembre 2010 par Audrey Pulvar dans son émission matinale sur France inter

 


 

Ignominie ou rappel à notre condition de simple partie prenante du monde animal ?

 

L’information était en germe depuis plusieurs semaines, mais on se prenait à imaginer que non, ça, ils ne le feraient pas… Eh bien oui. Ils l’ont fait.

Les Etats-Unis de Barack Obama se sont une nouvelle fois abaissés aujourd’hui, en exécutant un condamné à mort par injection d’un anesthésiant prévu pour euthanasier… les animaux !

Le produit habituel manquait.

Le seul laboratoire fabriquant, aux Etats-Unis, l’anesthésiant autorisé par la Cour Suprême, du Thiopental, est en rupture de stock.

Qu’est-ce que vous faites dans la vie ? Je fabrique le produit anesthésiant les condamnés à mort…

 

La production de Thiopental doit recommencer d’ici trois mois, mais plusieurs états, comme l’Oklahoma, en sont démunis, ils n’ont plus de réserve.

Pas question pour autant de reporter l’exécution de John Duty, à l’image de ce qui a été décidé pour plusieurs condamnés à morts du Kentucky et de Californie.

Vite, vite avant Noël, en finir avec cet homme, condamné à mort en 2002 dans l’Oklahoma, pour le meurtre, un an avant, de son co-détenu.

Quand il l’a étranglé, John Duty purgeait, pour viol, vol à main armée et fusillade avec intention de tuer, trois peines de prison à vie consécutives, puisqu’aux Etats-Unis les peines s’additionnent et non se confondent. Il était déjà en prison depuis près d’un quart de siècle. Sa victime était âgée de 22 ans. Au moment de son procès, Duty avait plaidé coupable, refusé que son avocat fasse valoir des circonstances atténuantes et réclamé lui-même une condamnation à mort…

 

6 petites minutes ont suffit, entre l’injection et le décès constaté du condamné. 6 longues minutes, une éternité pour une honte absolue. C’est la première fois, dans l’histoire connue des condamnations à morts aux Etats-Unis, qu’une dose massive de Pentobarbital, anesthésiant vétérinaire, est utilisée pour tuer un condamné.

Les avocats de John Duty estiment que leur client a été un cobaye et dénoncent le fait qu’aucune expertise ou études scientifiques ne permettait de connaître les effets du produit, la douleur éventuelle ressentie par un humain soumis à une telle dose de Penthobarbital. Ni de savoir s’il suffisait à le rendre insensible aux deux autres produits nécessaires à l’exécution. Une deuxième injection pour paralyser les muscles de l’exécuté, une troisième pour provoquer l’arrêt cardiaque.

Ils ont épuisé tous les recours pour éviter une telle décision. Une cour d’appel fédérale a estimé que la quantité prévue d’anesthésiant suffirait à plonger très rapidement Duty dans l’inconscience, voire suffirait à le tuer.

Moins répréhensible, plus morale que la balle dans la nuque qui vaut à Pékin les critiques des défenseurs des droits de l’Homme dans le monde entier ? Vraiment ?

 

 

Audrey Pulvar

 

 


à lire aussi sur le blog :

 

un détenu ne perd que son droit d'aller et venir librement, même Ilitch Ramirez Sanchez

et si on allait faire un tour dans la "Prison Valley"...

la prison peut-elle encore changer un homme ?

Mourir en prison ou mourir en prison

 

 

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