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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 14:58

Par un pur hasard que seule la multiplication des clics sur la toile peut provoquer, je me suis retrouvé sur une page du site internet du magazine Le Point.

Sans trop savoir pourquoi, je me suis mis à la consulter assez rapidement ; tout juste le temps de remarquer la présence d'un petit encadré proposant de découvrir les derniers propos tenus par les éditorialistes.


Parmi ceux-ci, je ne pu que m'étonner de constater que celui d'un certain Bernard-Henri LEVY s'intitulait "droit de réponse de Bernard Cassen, ancien directeur général du Monde diplomatique" ; il n'en fallait pas plus pour entretenir par curiosité et m'inciter à faire ce qu'il fallait pour pouvoir lire le contenu correspondant :

 

 

"M. Lévy et l'erreur.

 

Dans Le Point du 14/01/2000, C. Imbert intitulait son éditorial : "Sartre : la passion de l'erreur". Dans le numéro daté du 23-30/12/2010, il aurait pu reprendre le même titre en remplaçant "Sartre" par "BHL". Dans son bloc-notes, en effet, M. Lévy me confond avec un homonyme, Pierre Cassen, et me prête des positions aux antipodes de tous mes engagements citoyens, me causant ainsi un préjudice moral considérable.

 

L'erreur peut décidément devenir une passion : au cours des derniers mois, M. Lévy a cité - sans rire - un philosophe imaginaire, J.-B. Botul, et s'en est pris au journaliste Frédéric Taddéi, confondu avec le footballeur Rodrigo Taddéi.

 

Du vrai travail de professionnel..."

 

 

Il n'y avait aucune explication complémentaire mais, dans d'autres lieux, les développements ne manquent pas.

 

 

L'histoire commença en fait en avec la parution le 23 décembre 2010 d'un papier dans lequel l'éditorialiste en cause assimilait à un "crachat au visage de la République" le "nouveau rapprochement rouge-brun qui voit les crânes rasés du Bloc identitaire fricoter, sur le dos des musulmans de France, avec tel ancien du Monde diplo, Bernard Cassen."

 

Mais, ne cherchez pas trop longtemps cette citation dans la version actuellement disponible ; seul un erratum en bas de page nous fournit le commencement d'une explication :

 

"une erreur s'est glissée dans ce bloc-notes. Lorsque j'évoque les protagonistes du nouvel axe entre Riposte laïque et Bloc identitaire c'est de Pierre Cassen qu'il s'agit et non de Bernard Cassen. Cet erratum sera publié dans le prochain numéro du Point. Et la phrase a été, ici, d'ores et déjà corrigée."

 

Il y avait donc eu confusion entre deux personnes qui, si elles avaient un nom identique, étaient très loin de partager les mêmes idées.

 

Et ni l'auteur ni un membre de la rédaction ne s'est aperçu de cette méprise.

 

 

Vu les propos tenus, on aurait pu s'attendre à ce que cette affaire arrive au plus vite devant les tribunaux.
Il n'en fut toutefois pas ainsi.

 

En effet, l'individu visé préféra simplement réagir en adressant  le droit de réponse évoqué précédemment en vertu de l'article 13 de la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881 ; texte selon lequel, concernant le cas qui nous s'occupe, "le directeur de la publication sera tenu d'insérer" "la réponse dans le numéro qui suivra le surlendemain de la réception."

 

Il est également à noter au passage que le législateur a posé des règles très strictes tant sur le fond que sur la forme pour l'exercice de ce droit.

 

Le directeur de la publication refusa cependant de donner une suite favorable en considérant que le texte "porterait atteinte à l’honneur du journaliste, Bernard-Henri Lévy, en ce qu’il lui imputerait une ‘passion de l’erreur’ en citant d’autres erreurs qu'il aurait commises et contiendrait un commentaire ironique"

 

 

Pourtant lorsque l'on se plonge dans la prose rédigé par les juridictions sur ce sujet, on découvre que "le droit de réponse est général et absolu", que "celui qui l'exerce est seul juge de la teneur, de l'étendue, de l'utilité et de la forme de la réponse dont il requiert l'insertion" et enfin que "le refus ne se justifie que si la réponse est contraire aux lois, aux bonnes moeurs, à l'intérêt légitime des tiers ou à l'honneur du journaliste."

 

Ajoutons à cela que la Cour de cassation reconnaît que "dans l'appréciation qu'ils ont à faire [...], les juges doivent, dans une juste mesure, prendre en considération la nature et la forme de l'article auquel il est répondu, les besoins de la défense et la légitime susceptibilité de la personne désignée."

 

Les magistrats de la haute juridiction considèrent en particulier que "la violence et la vivacité des attaques dirigées dans un journal contre une personne autoris(e) celle-ci à céder dans sa réponse à des vivacités de langage qui, même blessantes, sont justifiées par l'agression."

 

 

En l'occurrence, le tribunal de grande instance de Paris remet les choses en ordre, rappelle les règles, les applique à l'espèce et donne tort au directeur de publication à qui il ordonne, outre le paiement des frais de justice, de publier le droit de réponse selon les conditions légales.

 

Il est notamment précisé dans la décision que "le rappel de ces erreurs ne présentait pas de caractère offensant et était assez anodin, tout comme l’était le ton, certes sarcastique de cette réponse, mais sans aucune commune mesure avec la gravité et la virulence des attaques dont Bernard Cassen était l’objet dans l’article litigieux" alors qu'à l'inverse "la précision dans l’article que la personne visée était “un ancien du Monde diplo”, ce qui est effectivement le cas, aggravait la nature de l’erreur commise [...] ainsi que sa portée ."

 

 

Et voilà donc expliqué que se trouve en lieu et place de l'éditorial de Bernard-Henri LEVY un droit de réponse et encore merci à tous les protagonistes de cette affaire pour nous avoir fourni une belle illustration de sanction d'un refus non justifié d'insertion d'un droit de réponse.

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